Le microbiote intestinal

Immunité : les probiotiques, c’est pas automatique…

Posté dans: Zembrocal rédigé par Tim BAROUDCommenter

Immunité : les probiotiques, c’est pas automatique…




Probiotique. Qu’il serve d’argument commercial ou non, ce terme est passé dans le langage courant et on l’utilise à qui mieux mieux. Je vous invite à découvrir avec moi dans cet article du premier zembrocal de E-bienêtre non pas « Le Charme discret de l’intestin » mais le potentiel de sa puissance protectrice. Peut-on utiliser des probiotiques pour stimuler son immunité?

Explication courte et simpliste des probiotiques

Il convient déjà de rappeler que la notion de probiotiques n’apparaît pas en 1965 avec Lilly et Stillwell puisque le concept était déjà utilisé au début des années 1900. Par contre, ils en inventent le terme et en font évoluer sa signification.

Aujourd’hui, selon L’OMS « un probiotique est un micro-organisme vivant qui, ingéré en quantité suffisante, produit des effets bénéfiques sur la santé de celui qui le consomme. ». Par contre, bien que précise, cette définition ne situe ni le lieu, ni le type d’action. Je lui préfère celle-ci, pour qui les probiotiques sont des « micro-organismes vivants qui, appliqués à l’homme ou à l’animal, affectent avantageusement l’hôte en améliorant les propriétés du microbiote indigène« (1).

Étymologiquement, probiotique fait référence à ce qui favorise la vie. Par conséquent, « probiotique » s’oppose à « antibiotique », sémantiquement parlant.

Si, si, (soupirs) on a bien compris… Les antibiotiques c’est pas automatique parce qu’ils ne ciblent que les bactéries et pas les virus. Mais est-il possible qu’un probiotique soit aussi un antibiotique?

L’intestin: une immunité naturelle

Quand on me parle d’immunité, j’imagine tout de suite « Petit Gros » d’ Il était une fois… la vie. Et en règle générale, on visualise notre système immunitaire comme étant un armée à l’attaque qui tire sur tout ce qui bouge. Pour preuve, on ne pense à la renforcer que lorsque l’on est déjà malade.

Qui dit « immunité » dit système immunitaire. Et cette organisation multicouches de reconnaissance d’abord (« ben oui faut savoir différencier qui est ‘moi’ de ce qui ne l’est pas »), de défense ou d’attaque ensuite, est structurée en lignes de défenses (résistances physiques, chimiques et cellulaires).

Prenons l’exemple de la peau. Pourquoi a-ton besoin de se laver souvent les mains? Car la peau fait barrière ou immunise le corps (Coronavirus ou pas!). Les éléments qui ne doivent pas y entrer sont évacués avec l’eau.

On comprend donc que l’immunité commence avec les premières lignes de défenses qui sont purement physiques.

Il était une fois… le « gut »

Je vis depuis 2019 à Londres, où j’ai découvert qu’on ne disait pas ‘intestines‘ pour traduire intestins vers l’anglais. Non. Ici on utilise « gut« . Ce n’est qu’en ‘potassant’ notre zembrocal sur le thème de l’immunité que j’ai compris les merveilles qui se cachent derrière ces trois lettres. Pour tout dire les anglophones utilisent le terme « gut » pas seulement pour parler de l’intestin, mais aussi de perception, de ressenti, d’état d’âme, de qualité – comme la bravoure, l’héroïsme – et autres champs lexicaux plus… fleuris.

Notre fameux « gut » est lui aussi un rempart, en première ligne pour la défense du corps. Il sépare l’intérieur du corps de l’extérieur. Outre cet aspect purement physique, le « gut » se pare de plusieurs types de tissus lymphoïde. Ces mêmes tissus stockent des cellules immunitaires.

Du Gut au Galt

L’acronyme anglais pour parler du tissu lymphoïde associé au tube digestif est GALT (Gut-associated lymphoid tissue). Ce dernier constitue le principal support du système immunitaire du tractus gastro-intestinal. Sa fonction première est de protéger l’organisme contre l’invasion par des microbes ou des parasites ingérés.

Probiotique et Galt

Dans un article très intéressant « Le rôle des probiotiques et des prébiotiques dans l’induction de l’immunité intestinale« , les auteurs expliquaient que le système immunitaire intestinal est influencé par de nombreux facteurs. Ils se basent sur des découvertes scientifiques antérieures concernant les mécanismes par lesquels les approches alimentaires (citées et étudiées dans le rapport) influencent l’immunité intestinale. Enfin, leurs propres résultats suggèrent qu’on peut induire l’homéostasie intestinale en utilisant des produits nutritifs et des probiotiques pour stimuler la réponse immunitaire intestinale.

L’accent est mis sur la relation entre l’alimentation,
le microbiote et le système immunitaire intestinal.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24376446/
Bactéries nous sommes

Le microbiote intestinal est constitué d’un ensemble de micro-organismes (bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes) naturellement présents dans les organes composants le tube digestif.

J’aimerais aussi brièvement rappeler l’importance quantitative des bactéries et autres champignons dans l’équilibre du corps. Sans vouloir rentrer dans les détails, je ne mentionnerai donc que cette étude qui estime la quantité de bactéries dans notre corps égale à celle des cellules.

Et devinez où l’on en trouve la majeure partie ? Les intestins bien sûr!

« Le microbiote intestinal est composé de milliards de micro-organismes et de bactéries qui ont une importance dans la régulation de la santé intestinale, dans l’immunité et dans l’absorption de certains nutriments »

Pr Jean-Christophe Saurin, chef du service d’hépato-gastroentérologie au CHU de Lyon

Comment la nourriture impacte l’immunité

Lutter pour le même espace

Nous nous demandions en introduction s’il était possible qu’un probiotique fasse office d’antibiotique? Comme nous le savons, « un grand nombre des antibiotiques existants sont constitués de molécules naturelles, fabriquées par des micro-organismes : des champignons ou d’autres bactéries. Ces dernières les produisent pour éliminer les bactéries concurrentes avec lesquelles elles sont en compétition dans leur biotope. »(2) Ainsi nous comprenons que les tissus lymphoïdes associés au tube digestif et le vivier de micro-organismes agissent un peu comme antibiotiques naturels! En effet, les substances produites par les « bons microbes » ont pour but d’éliminer les « mauvais microbes »

Les substances produites par les « bons microbes » ont pour conséquence d’éliminer les « mauvais microbes »

Dès lors, ce que nous ingérons impacte positivement ou négativement l’équilibre entre « les mauvaises et les bonnes bactéries » qui se trouvent dans le système digestif. Par exemple, consommer des aliments traités avec des pesticides (3), ou même l’ingestion d’antibiotiques, a un impact sur notre microbiote. (4)

Si le microbiote est impacté par la nourriture que nous consommons, alors il nous suffit de consommer des aliments qui entretiennent la vie pour consolider son équilibre et ainsi soutenir notre immunité!

Quels aliments sont probiotiques ?

Les aliments fermentés non pasteurisés sont une bonne alternative puisqu’ils contiennent naturellement des bactéries et levures profitables au microbiote.

Voici quelques exemples d’aliments fermentés:

  • La choucroute
  • Le kimchi
  • Le kombucha
  • Les kéfirs
  • Des légumes préparés dans le vinaigre (non pasteurisés).

Si vous souhaitez consommer des aliments fermentés, assurez-vous de ne pas les prendre pasteurisés car ce procédé détruit toutes les bactéries, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. D’autre part, certains de ces aliments peuvent aussi être considérés comme symbiotiques puisqu’ils contiennent à la fois les probiotiques et les prébiotiques.

Beaucoup de ces aliments peuvent être trouvés au supermarché et préparés facilement chez soi. Vous trouverez des recettes bien-être ici (d’ici peu). Bien sûr dans la mesure du possible, il est mieux de prendre du bio et local.

Les probiotiques, c’est pas automatique… et c’est bien dommage!

Que retenir de tout cela?

Consommez prébiotiques et probiotiques en quantité suffisante
Premièrement, cela favorisera le « bon » microbiote (« les bonnes bactéries »). Ensuite, cela augmentera les molécules naturellement sécrétées par ce dernier qui agissent comme ‘un antibiotique’ naturel. Et enfin, cela favorisera une bonne étanchéité de la paroi gastrique puisque l’environnement lui sera bénéfique.

En conclusion : Les probiotiques, « eh ben, ça devrait être automatique »!

Si vous souhaitez en savoir plus sur comment une simple fleur peut booster votre immunité, allez faire un tour sur l’article de Gwen. Sinon il y a celui de Leela où elle expose dans le deuxième volet de sa série d’article sur le Laurier noble les vertus immunisantes de son HE préférée du moments.

Et puis, il y a le trousseau des H!
Nadja avec ses 5 clefs pour une hygiène de vie au diapason de son système immunitaire ( j’ai un petit faible pour la 3ème) ou bien celle de Terry trouvées dans votre assiette.

Et bien sûr celui de Guénola qui… si vous voulez le savoir, abonnez vous!
















  1. Havenaar, R. and Huis in’t Veld, J.H.J. (1992) Probiotics; A General Review’ in the Lactic Acid Bacteria in Health and Disease. In: Wood, B., Ed., Elsevier, London, 151 ± 170. http://dx.doi.org/10.1007/978-1-4615-3522-5_
  2. Antibiótico
  3. Effects of Roundup® and Glyphosate on Three Food Microorganisms: Geotrichum candidumLactococcus lactis subsp. cremoris and Lactobacillus delbrueckii subsp. bulgaricus
  4. The Pervasive Effects of an Antibiotic on the Human Gut Microbiota, as Revealed by Deep 16S rRNA Sequencing
  5. Crédit photographique : Kateryna Kon; TV5

A propos de l'auteur

Tim BAROUD

Super actif, amoureux de la vie, un tantinet voyageur je partage ma passion pour les merveilles de la Nature. De la production de Kombucha en Bolivie au coaching en Angleterre, j'enfile aussi à mes heures perdues la casquette de rédacteur en chef au sein de la pétulante équipe de E-bienêtre.

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